Diabète et diététique du sport
L’étonnante activité du sport sur nos cellules et notre glycémie
L’exercice physique est considéré comme un élément indispensable à l’équilibre du diabète de type II, et au traitement de certaines pathologies associées comme l’hypertension, et les dyslipidémies à LDL (Type IIb principalement, et IIa dans une moindre mesure).
Pour le diabète, la pratique régulière d’une activité physique à des effets bénéfiques sur :
- la glycémie,
- la sensibilité à l’insuline,
- le taux de HDL cholestérol et des lipides circulants,
- la lipolyse et l’activité enzymatique des adipocytes,
- la pression artérielle et l’adaptation cardio-vasculaire à l’effort,
- le contrôle du poids, l’image de soi, et la sensation de bien-être.
Le patient doit cependant être mis en garde sur les risques encourus (accidents, contre-indications, malaises…), et doit surtout être éduqué en matière de nutrition de l’effort – il devra par ailleurs toujours avoir du sucre sur lui.
Au niveau diététique, les conseils généraux s’apparentent à ceux donnés aux sujets diabétiques sédentaires ; donc à tout un chacun, au sujet de l’équilibre alimentaire : rappelons que le sujet diabétique doit simplement suivre les mêmes conseils qu’un sujet sain, de manière plus assidue, pour équilibrer son diabète.
Cette collation sera équilibrée avec un apport en glucides, et en protéines dans une moindre mesure. Le choix et la quantité des aliments préconisés, principalement ceux « à un index glycémique moyen à élevé » dépendront également des repas antérieurs à cette collation, et surtout de la glycémie et du protocole d’insuline choisi, qui devra être adapté à cette activité.
Au niveau biochimique, l’activité physique peut, en partie, corriger l’insulinorésistance périphérique qui s’exprime par une activité moindre de certains récepteurs spécifiques* au niveau des cellules musculaires et adipocytaires. On diminuera aussi l’ hyperinsulinisme couplé à l’insulinorésistance caractéristique du diabète et de l’obésité.
* Parmi ces récepteurs à glucose spécifiques, appelés « GLUT », certains (les « GLUT 4 ») ont des vésicules de transport sensibles à l’exercice physique :
- Ces « GLUT4 », localisés au niveau des tissus musculaires et adipeux, permettent l’entrée du glucose dans ces mêmes cellules. Leur synthèse et leur affinité avec le glucose sont insulinodépendants !
On peut également mettre à profit cette spécificité biologique post-effort, en proposant un régime hyper-glucidique après un effort épuisant : la synthèse de glycogène musculaire est plus rapide et plus importante avec un effet de surcompensation apparaissant dans les 24 à 48 heures.
Le facteur limitant de cette resynthèse est la capacité des cellules musculaires à capter le glucose, deux facteurs y sont liés :
- la glycémie, car une partie du glucose pénètre dans la cellule par transport libre (d’où l’intérêt du régime hyper glucidique).
- la quantité de GLUT, dont la translocation transmembranaire, du cytoplasme vers le sarcolemme, dépend de l’insuline.
La vitesse de resynthèse du glycogène musculaire est en effet multipliée par 8 en présence d’insuline, et se trouve également augmentée par l’activité physique de type endurance.
En bref
L’exercice physique à un effet sur l’activation des « GLUT 4 », même lors d’un déficit en insuline, d’où l’intérêt du sport chez le diabétique, et des conseils alimentaires associés à cette activité physique.
Les conseils pour l’établissement d’une collation souvent indispensable, avant et après l’effort, seront personnalisés par le diététicien en fonction des glycémies, du niveau et de l’intensité/durée de l’effort, de l’alimentation de la journée et du traitement insulinique fixé.
Santé et Performance
Notre Société savante a pour mission de promouvoir la Nutrition du sport, dans un objectif de protection de la santé, de recherche de performance, et de prévention des conduites addictives.
Nous proposons des colloques et des journées de formation, fondés sur une actualisation des connaissances scientifiques...
> Santé et Performance